Des bâtiments efficaces, bien placés et mieux conçus

Le Centre culture et environnement Frédéric Back à Québec, exemple de reconversion durable d’un bâtiment – Source : CCEFB

Au Québec, l’utilisation des bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels est responsable d’une part non négligeable des émissions de GES : 12,5 % avec 10,3 Mt d’équivalent CO2 en 2007. Principalement produits par l’utilisation de combustibles fossiles pour le chauffage, 41 % de ces gaz à effet de serre proviennent du secteur résidentiel [1]. Grâce à une augmentation de l’efficacité énergétique des bâtiments, et puisque de moins en moins de ménages ont recours à un système de chauffage basé sur les énergies fossiles, les émissions de ce secteur sont en baisse continue depuis 1990. Si d’importantes réductions sont envisageables grâce à de nouvelles améliorations de l’efficacité énergétique propre aux bâtiments, la façon dont sont conçus nos milieux de vie a également un important rôle à jouer.

L’efficacité par la forme urbaine
Le modèle de développement actuel, principalement axé sur la maison individuelle entraîne des pertes d’énergie majeures, notamment pour le chauffage. Selon le type de logement, la consommation d’énergie pour le chauffage varie énormément.

Consommation moyenne d’énergie pour le chauffage, par type de logement [2]

Type de logement Consommation (kWh/an) Superficie (m2) Consommation par m2 (kWh/an/m2)
Maison individuelle 24 903 138 181
Maison jumelée ou en rangée 15 375 113 136
Appartement 10 634 90 118

Compilation des données 2008 pour le Québec, Office de l’efficacité énergétique

Une maison individuelle consomme donc en moyenne 2,3 fois plus qu’un appartement, et 1,6 fois plus qu’une maison jumelée. Cette importante différence s’explique principalement par deux paramètres.

  • La taille : une maison moyenne est environ 1,5 fois plus grande qu’un appartement et 1,2 fois plus qu’une maison jumelée ou en rangée.
  • La performance énergétique du type de logement : par sa forme, une maison est plus sensible au climat qu’une maison en rangée et qu’un appartement. En effet, ces derniers bénéficient de la protection et de la chaleur des logements voisins. Ainsi, pour la même surface, une maison individuelle consommera 1,5 fois plus qu’un appartement et 1,3 fois plus qu’une maison en rangée.

Au Québec, pour les logements qui ne sont pas chauffés à l’électricité (l’hydro-électricité n’émet que peu de GES), ces différences se traduisent par de plus grandes émissions de GES. Celles d’une maison unifamiliale sont de 3,84 tonnes éq.CO2/log/an. Ce chiffre baisse à 2,87 t/log/an pour un logement en rangée, et à 2,45 t/log/an pour un appartement.
Par ailleurs, les logements, toujours plus grands, sont souvent occupés de façon partielle, par des ménages toujours plus restreints. Ces espaces faiblement occupés sont donc chauffés inutilement.

Cycle de vie, matériaux et construction
Mais la consommation liée à l’utilisation d’un bâtiment n’est pas la seule source d’émissions de GES. En effet, l’impact environnemental d’un bâtiment doit être pensé de la conception à l’utilisation, et tout au long de sa vie utile, allant jusqu’à prendre en compte son entretien et la façon dont il pourra être réutilisé ou recyclé. La construction des bâtiments et des infrastructures, sur une durée de vie évaluée à 50 ans, est responsable de 20 % des émissions de GES d’un quartier [3]. Ainsi, il s’agit de concevoir des bâtiments adaptés au climat et à l’environnement (entre autres l’orientation, l’ombrage et l’isolation). C’est ce qu’on appelle l’architecture bioclimatique, laquelle répond au concept de maison solaire passive. La question des matériaux utilisés est également importante: sont-ils locaux, facilement recyclables et non toxiques, ou de bien gérer les déchets lors de la construction. Ensemble, ces initiatives ont le pouvoir de réduire de façon substantielle les émissions liées aux bâtiments.

Des bâtiments plus confortables et plus sains
En plus des questions énergétiques et d’émissions de GES, une meilleure conception des bâtiments permet également d’atteindre des niveaux de confort plus élevés. L’optimisation des espaces, le contrôle plus précis de la température, ou encore l’utilisation de matériaux plus sains font partie des améliorations à attendre d’un édifice conçu avec des normes exigeantes de qualité.

Le secteur du bâtiment ne doit donc pas être laissé de côté dans le développement des collectivités viables. Et attention ! Il est primordial de considérer les problématiques liées à ce secteur d’une façon globale, car malgré les grands progrès des dernières décennies en efficacité énergétique, le type et la localisation du bâtiment restent déterminants dans l’impact qu’il aura sur l’environnement et les émissions de GES.

Sources
[1] Ministère du Développement durable, environnement et parcs (Québec), 2010. Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2008 et leur évolution depuis 1990.
[2] Office de l’efficacité énergétique du Canada, Base de données complète sur la consommation d’énergie – Secteur résidentiel, Québec.
[3] Jonathan Norman et al., 2006, dans Playbook for green buildings + neighborhoods – Construction impacts.

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