Vers des villes moins étalées et mieux pensées

Le mode de développement adopté par les collectivités depuis les années 50 est fortement consommateur de ressources et d’espace. Avant l’avènement de l’automobile et de la maison individuelle, qui ont conduit à l’étalement urbain, les villes étaient généralement assez concentrées, de manière à bénéficier des avantages variés liés au regroupement humain. Mais la possibilité de se déplacer rapidement sur de longues distances a considérablement changé la forme des villes. Ainsi, l’agglomération de Québec, par exemple, a connu une croissance de sa superficie urbanisée de 248 % entre 1971 et 2001, alors que la population n’augmentait que de 42 % [1]. Repousser les limites de la ville se fait souvent au détriment des milieux naturels et agricoles et cela se poursuit encore de nos jours. Ainsi, entre 2001 et 2009, 7594 hectares de terres ont été exclus de la zone agricole [2], avec l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole, alors que des milliers d’hectares en zone blanche demeurent disponibles pour l’urbanisation.

Développement résidentiel de faible densité dans l’agglomération de Québec – Source : APEL St-Charles

En dehors de la destruction de ces terres, l’étalement urbain est accompagné d’une myriade de conséquences néfastes :

  • émissions de GES (notamment dues aux déplacements automobiles) ;
  • impacts sur les milieux naturels, l’air et l’eau ;
  • problèmes de santé ;
  • iniquité quant à l’accès et aux conséquences subies ;
  • coûts des infrastructures et de leur entretien.

Limiter l’urbanisation
À l’inverse, un développement urbain plus concentré présente de nombreux avantages s’il est bien planifié. Le périmètre d’urbanisation est un outil efficace pour contrer l’étalement et mettre fin à ce mode de développement caduc. Mais il doit être restreint, sans quoi il ne sert à rien. Limiter l’urbanisation pousse nécessairement à la densité, mais il s’agit de penser la densification de façon appropriée. Ce resserrement du territoire ouvert au développement doit être accompagné d’une démarche de planification, en particulier lorsque la ville fait face à une croissance de la population, combinée à une légère baisse de la taille des ménages, comme c’est souvent le cas au Québec.

Planifier le développement et l’aménagement de la ville
Au Québec, cette planification relève à la fois des municipalités et des MRC. Dans le schéma d’aménagement, les MRC doivent identifier les grandes affectations du territoire, c’est-à-dire les parties du territoire à développer et de quelle façon. Dans le respect des lignes directrices du schéma d’aménagement, les municipalités préparent un plan d’urbanisme, dans lequel elles doivent dicter les grandes orientations d’aménagement du territoire, les grandes affectations du sol et les densités de son occupation. C’est à cette étape qu’une municipalité avec l’intention de limiter efficacement son périmètre d’urbanisation peut identifier des secteurs qui requièrent d’être consolidés en priorité, et indiquer la manière dont cela doit être effectué. Dans toutes les villes, des espaces mal ou sous utilisés existent et gagneraient à être revitalisés :

  • friches urbaines (terrains, emprises ou bâtiments abandonnés ou presque) ;
  • terrains à convertir (notamment des terrains contaminés, les stations-service étant un exemple fréquent) ;
  • grands stationnements et espaces commerciaux ou industriels sous-utilisés ;
  • quartiers très peu denses, généralement présents en grand nombre.

Maquette du quartier Hammarby en Suède – Source : Vivre en Ville

Mais au-delà des leviers réglementaires, les municipalités gagnent à être imaginatives et proactives pour bien orienter leur consolidation urbaine. Elles peuvent par exemple mettre en place des programmes d’incitatifs (financiers / fiscaux) destinés à diriger le développement dans certains secteurs de la ville.

Notes
[1] Communauté métropolitaine de Québec, 2006. Schéma d’aménagement et de développement, chapitre 3 (PDF)
[2] Commission de protection du territoire agricole du Québec. Rapport annuel de gestion 2009-2010.

Lecture utile
Blais, Pierre et Langlois, Mathieu, 2004. La réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’aménagement du territoire, Guide de bonnes pratiques (PDF), ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire.

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