La place du vélo en ville, montée fulgurante ou retour de l’ascenseur?

Au mois de mars dernier, Séville accueillait Velo-City, un évènement international pour parler de la place du vélo en ville. Pourquoi Séville? Peut-être parce qu’elle a fait la démonstration, récemment, qu’il est possible d’opérer un changement important et rapide dans la place du vélo en ville et, par conséquent, son utilisation. Y a-t-il des leçons à tirer de l’expérience de Séville? Du moins, les faits sont éloquents, et montrent que malgré le contexte européen, la voie n’était pas tracée d’avance.

Le vélo en Amérique du Nord

La piste cyclable de Prospect Park West.
Source : flickr.com/reallyboring/

D’ailleurs, il existe des villes qui, dans un contexte américain, ont su changer le cours des choses. Récemment, le cas de New York fait beaucoup parler, avec son objectif de doubler la quantité de déplacements à vélo entre 2007 et 2015, et la tripler en 2020. Le plan est ambitieux et ne fait pas que des heureux, comme en témoignent ces articles dans The New Yorker et The Wall Street Journal. Mais y a-t-il vraiment une réaction vive contre l’engouement des dernières années pour le vélo? Il y a certes quelques cas qui pourraient inciter à le croire, comme l’élection récente de Rob Ford à la mairie de Toronto, dont la position sur le vélo [vidéo] est inquiétante. Mais il y a tant d’exemples qui montrent le contraire.

Le succès immédiat du Bixi à Montréal qui, à sa deuxième saison d’exploitation, enregistrait 3,3 millions de déplacements, est pour le moins encourageant. Le système conçu à Montréal est maintenant vendu à travers le monde. On le retrouve entre autres à Melbourne, Londres et Washington (D.C.). D’ailleurs, dès cette année, le Bixi sera implanté à… Toronto.

Bien que le vélo en libre service, comme le Bixi, soit un élément favorisant l’utilisation du vélo au jour le jour, les villes ne doivent pas s’arrêter là. Pour que les gens utilisent le vélo sur une base quotidienne, les trajets doivent être efficaces, l’utilisation du vélo simple et confortable, et les cyclistes doivent se sentir en sécurité.

Un exemple sur la durée: Minneapolis

Une greenway à Minneapolis.
Source : flickr.com/micahtaylor/

Selon Jay Walljasper, Minneapolis n’était pas un endroit accueillant pour les cyclistes dans les années ‘80. Mais la situation a graduellement changé, avec la mise en place de plusieurs pistes cyclable, d’abord hors route. Aujourd’hui connues sous le nom de Midtown Greenway, ces pistes hors routes forment la colonne vertébrale du réseaux de transport non motorisé, à laquelle se rattachent 80 km (50 miles) de pistes cyclables, et accueillent 1,5 millions de déplacements par année. Depuis 2010, Minneapolis a implanté un système de vélos en libre service, acheté à Bixi. L’an dernier, le magazine Bicycling a nommé Minneapolis la ville No 1 du vélo aux États-Unis. Aujourd’hui, le vélo fait la fierté des gens de Minneapolis.

Y a-t-il un réel vent de frustration contre le vélo depuis quelques temps? Bien qu’on puisse en douter, peut-être est-il vrai que toutes les villes ne peuvent pas modifier les habitudes de déplacements de leurs habitants aussi rapidement que Séville. Dans ce cas, sans doute un peu de patience saura nous montrer que le temps a raison de bien des oppositions au changement.

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