Partage de l’espace public

Au mois d’avril, j’écrivais un article sur la place du vélo en ville, avec les bons coups de villes comme Séville ou Minneapolis, mais aussi les tollés qui peuvent naître quand les modifications sont faites rapidement, comme à New York. Depuis, la grogne a rejoint Montréal. La congestion a fait se tourner les automobilistes, alimentés par la presse écrite (voir entre autres ces articles de Denise Bombardier et Patrick Lagacé), vers un coupable : les différentes mesures réduisant la place de l’automobile en ville, avec en tête de turc idéale le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez. On ne parle plus ici seulement de la place du vélo, mais bien d’un réajustement du partage de l’espace public, après plusieurs années à accorder la part du lion à l’automobile.

Place de l'automobile | Source : Dougtone, Flickr.com

Avec toutes les autoroutes qu’on a construites pour faciliter les déplacements automobiles entre les banlieues et la ville centre, nécessairement, la demande induite a fait son travail. Conséquence : entre 1987 et 2008, le nombre d’automobiles circulant dans la région de Montréal a augmenté de 39 % (61,5 % en banlieue), si bien qu’aujourd’hui, 480 000 automobiles convergent vers Montréal à chaque jour[1]. Donc oui, Montréal est maintenant surchargée d’automobiles, et congestionnée.

Y a-t-il une guerre contre les automobilistes ? Non. Il y a seulement des personnes qui questionnent l’omniprésence de l’automobile. Des personnes qui ont décidé qu’il était temps de redonner de la place à l’être humain que nous sommes tous, et aux piétons que nous sommes à un moment ou un autre, dans l’espace public. En attendant que les instances supérieures permettent un réel changement dans les modes de déplacement, en offrant de meilleures alternatives à l’automobile, peut-on reprocher à un maire d’offrir à ses citoyens une meilleure qualité de vie en diminuant les nuisances de l’automobile ?

Personne ne dit que l’automobile doit disparaître. C’est plutôt qu’elle doit prenne moins de place, qu’on en soit moins dépendant. On peut effectivement avoir besoin d’une automobile à certaines occasions, même quand on habite Montréal. Mais il n’est pas nécessaire que tant de personnes se déplacent seules dans leur automobile de façon quotidienne. L’expérience du Plateau-Mont-Royal a d’ailleurs permis à certaines personnes de trouver une façon plus agréable et plus efficace de se déplacer.

Maintenant, voyons ce que le temps nous dira. Est-ce que les prévisions catastrophiques de la réduction de la place de l’automobile seront au rendez-vous ? Permettez-moi d’en douter. Pour en revenir à New York, où le vélo faisait rager au printemps, il semble que les choses s’améliorent. Voyez aussi, dans la vidéo qui suit, comment la piétonnisation de Time Square a fait des heureux.

In Appreciation of the NEW Times Square from Streetfilms on Vimeo.

  1. [1] Agence métropolitaine de transport. s.d. Enquête Origine-Destination 2008 : La mobilité des personnes dans la région de Montréal.

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