Personne ne fera un détour de 800 m pour traverser une rue

Il y a un peu moins d’un mois, un accident mortel a une fois de plus mis en relief l’oubli du piéton dans l’aménagement de nos villes. Ça s’est passé dans la région d’Atlanta lorsqu’une mère de famille et ses trois enfants descendant du bus ont traversé la route de 4 voies qui les séparaient de leur immeuble. Au milieu, le fils de 4 ans a voulu continuer la traversée en lâchant la main de sa mère avec la suite tragique que l’on connaît aujourd’hui. En plus d’avoir perdu son enfant, cette mère se retrouve aujourd’hui condamnée pour homicide avec un véhicule (vehicular homicide), puisqu’ils n’étaient pas sur un passage piétons. Le plus proche était situé à 450 m de leur arrêt de bus. Comme 85 % des ménages à faibles revenus de la région d’Atlanta, cette famille vit dans un quartier de banlieue. Un quartier qui a été conçu autour de l’automobile il y a quelques décennies, divisé par de grandes (auto)routes. Un quartier qui ne correspond plus à la réalité sociale, les plus démunis se déplaçant généralement à pied ou en transport collectif.

Cet évènement à fait ressurgir une vidéo très intéressante de PBS que je vous invite à regarder :

Comme le mentionne Michael Orta, de PEDS (un organisme de promotion et de défense des piétons d’Atlanta), on ne peut pas demander aux gens de marcher 800 mètres pour traverser sur un passage piéton. [...] Personne ne ferait ça. Un piéton marchera rarement plus vite que 100m/minute, et bien souvent moins que ça. Avec un mode de déplacement naturel et relativement lent, il est contre-intuitif d’effectuer d’important détour. Un bon exemple est l’apparition systématique de cheminements piétonniers dans les parcs publics : certains responsables attendent même leur apparition pour ensuite définir les chemins à aménager.

À l’échelle de la ville, la question est plus complexe. Il s’agit d’améliorer la connectivité ou la perméabilité de la trame urbaine pour permettre aux piétons de se déplacer dans des quartiers à l’échelle humaine. Riches ou pauvres de nombreux quartiers présentent des lacunes en la matière. Si l’on y ajoute l’effet barrière, l’isolement des plus démunis n’en est que plus grand. Bien que souvent, la situation ne soit pas aussi alarmante dans les villes québécoises que dans bien des villes des États-Unis, il incombe aux collectivités de s’attaquer à cette problématique au plus vite pour créer des milieux plus adaptés à tous.

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